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Brahim

Mood

ALL I DO

I AM STILL WITH YOU

AFTER ALL I'VE TRIED

I WILL STAY CRUCIFIED

YOU'RE THE ONE I LOVE

MY SWEET SYRIAN DOVE

I SAID GOD DOES NOT EXIST

FOR YOU I WAS A NIHILIST

ARE YOU REAL

OR AM I FAKE?

ALL I  DO

I WILL PRAY FOR YOU

FOR THEM I AM JUST A RAKE

DO YOU SEE THIS LITTLE SNAKE

TWISTING AROUND MY BONES 

I'M A NEW MESSIAH

WHO WILL BE HURT BY STONES

I DON'T SUFFER IT'S MY FATE

MY FAITH HAS TURNED TO HATE

ALL I DO

I WILL STAY WITH YOU

Un conte décadent

Alvine 

Il était une fois une princesse aussi gracieuse que méprisante, qui portait le nom d'Alvine. On l'avait prénommée ainsi, en raison de l'étrange parfum d’amertume, qu’elle exhalait. C’est pourquoi les poètes l’avaient comparée à la plante d’absinthe.

Sa peau était si blanche que l’on aurait cru ses mains faites de cire. Elle avait des traits fins et une chevelure aussi blonde que les blés. Ses yeux, d’un bleu-cendré envoûtant, masquaient un regard qui mettait mal à l’aise ceux qui osaient la contempler sans baisser la tête. Sa superbe surpassait celle de ses compagnes, qui la jalousaient secrètement et médisaient tout bas. Mais le cœur d’Alvine était imperméable aux sentiments et seule la cruauté semblait la distraire. Elle s'amusait des événements tragiques et semblait réjouie quand on lui annonçait une catastrophe. Elle était incapable de la moindre compassion.

Voyant qu’elle ne changeait pas, mais que, bien au contraire, son caractère empirait de jour en jour, sa mère, qui était quelque peu fée, décida de lui donner une leçon. Désormais, chaque fois qu’Alvine parlerait, un mince filet d’urine coulerait le long de sa bouche. Quoique la punition fut cruelle, Alvine la méritait bien, tant son comportement révoltait  ceux qui la croisaient.

Ainsi affligée par ce don, Alvine n’osa plus parler. Elle se sentait ridicule et peu à peu, elle comprit la misère de son état. Chaque nuit, elle pleurait et ses larmes se mêlaient aux gouttes infectes. Plus la princesse hurlait de désespoir, plus elle était souillée.

Un jour, un guerrier d'une beauté éclatante, qui portait le nom de Syphax, se présenta à la cour. Il exigea la main de la princesse, dont le portrait lui avait été fait auparavant, sous peine de déclencher les hostilités. Les grâces d’Alvine avaient dépassé en notoriété les limites du territoire de son père. Celui-ci, qui ne savait comment résoudre la situation, proposa qu’on donna le choix à la princesse elle-même.

Interrogée, Alvine ne put dire trois mots sans qu’un flot d’urine sortit de sa bouche. Le prince dégoûté, fit un pas en arrière tandis qu’Alvine éclata en sanglots. La reine, sa mère, eut alors pitié d’elle et elle défît le sortilège qu’elle lui avait jeté. Alvine put épouser Syphax et une fête de trente jours fut organisée. La princesse se montra enjouée et affable, et le peuple entier fut ébloui par son humilité.

 

Brahim