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Réflexions d'un auteur sur Paris VII

Voilà le résultat d’une étude de terrain, qui eut lieu de 2002 à 2004, à l’Université de Paris VII-Denis Diderot, dans la filière d’Etudes cinématographiques et audiovisuelles.

J’ai appliqué les principes de l’observation participante, afin de mettre à jour ce que je peux décrire comme des cas psychiatriques, c’est-à-dire des personnes, présentant des pathologies lourdes et qui n’ont pas été diagnostiquées.

Cette étude poursuivait deux buts.

Il s’agissait d’une part d’établir les fondements d’une psychopathologie, incluant les phénomènes phobiques, telles que la xénophobie, l’arabophobie, l’antisémitisme, l’homophobie, et de démontrer les relations de ces manifestations avec les troubles psychotiques.

Claude Murcia, traductrice de Juan Benet, jalousait Rochelle Fack parce qu’elle n’avait jamais créé, ni produit d’œuvre. Elle lui reprochait d’écrire et de vouloir enseigner, comme si les deux étaient incompatibles. A dire la vérité, elle n’aurait pas du s’inquiéter outre mesure de Rochelle car cette dernière ne possédait pas la moindre once d’originalité et que son talent littéraire se résumait à peu de choses. Son roman Les Gages narrait à rebours une histoire de prostitution sur fond tragique.

J’admirais en quelque sorte Rochelle car elle représentait ce que je n’étais pas encore devenu : auteur. Pourtant, je percevais chez elle un cruel manque de style : ni périodes, ni allitérations ou assonances, nulle mise en abyme. En d’autres termes, son travail (et je ne doute pas qu’elle ait fourni des efforts pour l’accomplir) se traduisait par de l’inanité. Mais ce n’était décidément pas le modèle d’écriture que je recherchais.

Je me leurrais en voyant en elle une Muse, une inspiratrice. Vaine et imbue de sa personne, Rochelle me préféra J.-L, une abomination venue de l’Aveyron, sorte de tante provinciale et névrosée qui s’ingéniait à récolter les suffrages de tous et à me descendre dans mon dos.

Que croyaient donc ces gens ? Que j’étais dupe de leurs agissements mesquins ?

Je comprenais ces choses et l’amertume alimenta la colère jupitérienne qui me conduisit à écrire.

Katharina Bellan était aussi sotte que prétentieuse. Dépourvue du moindre attrait, elle manquait et de grâce et de retenue. Ignorant tout du kitsch comme du « camp », Judith Butler lui étant inconnue, elle confondait ces notions mais sa démesure l’incitait à ne pas reconnaitre ses torts.

Acariâtre et hystérique, elle croyait valoir quelque chose, se méprenait sur elle-même en raison de sa carnation. Ma foi, que de bêtise ! Quelle indignation que la mienne, confrontée à la médiocrité d’êtres sans valeur et ne respectant point autrui, et encore moins ceux que la finitude de son esprit ne lui permettrait de comprendre !

Katharina sabota le montage de mon film sur Héliogabale, persuadée que son égo délirant lui donnait quelque droit pour agir à sa guise. Hervé Joubert-Laurencin, dans un absolu égarement, que je m’explique d’ailleurs (sa jalousie à l’égard de mes capacités intellectuelles et la xénophobie ancrée dans son sang) devait approuver sa conduite et il me mit au supplice.

Ainsi crucifié par celui en qui j’avais placé par erreur de jeunesse ma confiance, je fus à jamais dégoûté du milieu du cinéma et semblable à Bellérophon, je m’éloignais de la société des hommes et recherchais dans la solitude ce que le genre humain tait incapable de m’offrir : la paix du tombeau.