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Douleur d'être

Je devins adulte lorsque je compris que l'homme menait envers son semblable une guerre violente. Je veux dire par là qu'il n'y a pas de saine concurrence, pas de compétition qui soit de l'émulation mais au contraire la volonté de détruire son semblable. Le vernis de la société bourgeoise ne dissimule que la pulsion de mort. Il s'agit de battre son rival jusqu'à son élimination pure et simple. Et tout le reste est littérature.

L'homme bien loin d'être une bête est une aberration de la nature car il se bat pour un signifiant annihilant, l'argent. Qu'importe le reste. Sentiments, idéaux, morale, religion, ceci n'a été inventé que pour dissimuler l'atroce réalité. Les milieux artistiques ou littéraires forment des familles où tout le monde se déteste et où chacun attend la mort de ses rivaux. A cela s'ajoute à Paris la xénophobie : un jeune homme leucoderme de province réussira par opportunisme, une personne d'origine arabe sera toujours taxée d'être un voleur, un terroriste, un cancer pour la dite société française. Ce que je dis est répugnant, c'est pourtant la réalité.  

Evidemment, nul ne l'avouera, nul français leucoderme n'assumera sa part de racisme intrinsèque, et plus précisément s'il se revendique de la Gauche. Un homme de droite considère l'arabe comme une impureté, un homme de gauche comme un éternel colonisé.

J'énonce là ce qui jamais ne sera dit, au fond, le "fou" est celui qui en sait trop. J'eus préféré au fond être idiot, le savoir ne mène qu'au désespoir. Si un jour, on relit mes écrits, on comprendra la difficulté d'être à la fois un intellectuel et un artiste, un Penseur et un créateur dans une société française ou décidément il n'y a pas de place pour l'objectivité. J'ignore encore ce que me vaudront mes écrits mais je crois qu'il m'est nécessaire de dire l'indicible.