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Interview de Brahim MEGHERBI

Quelques réponses de l’auteur des Nuits pourpres

 

Pourquoi ce livre ?

J’ai écrit ce livre parce que je devais me libérer du poids des mots que j’avais jusque-là encaissés. C’est un livre de révolte, de combat intérieur, une lutte pour s’accepter et cesser de se dénigrer. Je ne crois pas avoir vécu d’avantage que les autres, mais j’ai vécu plus intensément. Peut-être à cause de mon caractère …

Quel est votre sentiment sur la société actuelle ?

Mon bilan est que la société de nos jours broie l’individu. Or, qu’est-ce que cette société, sinon Nous-mêmes ? Des loups pour l’homme, si je peux citer Térence. J’ai sans doute une vision assez noire du monde qui nous entoure pourtant, je crois qu’il reste un espoir : la sublimation. Chacun peut s’il le désire vraiment s’investir dans la réussite d’un projet de façon à en devenir le maître.

Vrai ou faux ?

Je ne dirai pas qu’il s’agit d’une autobiographie car j’ai cédé au mensonge et que j’ai voulu protéger certaines personnes, qui se sont vues attribuer des pseudonymes. Pour écrire, j’ai mené des enquêtes dans le milieu gay parisien et j’ai recueilli des témoignages. Je crois que c’est la chose que je préfère : aller au-devant des gens pour échanger. Ce n’est malheureusement pas toujours possible, car certaines personnes sont rétrogrades ou psychorigides. 

L’homosexualité, un tabou ?

Je pense que devrait être acceptée de tous l’idée que deux hommes ou deux femmes puissent s’aimer, au même titre qu’un couple hétérosexuel. Je crois en la bisexualité fondamentale de l’être humain, qui peut être sublimée en homoérotisme. Le Coran condamne les pratiques homosexuelles mais promet aux croyants que des éphèbes circuleront auprès d’eux. Personnellement, il me semble important de dire que chacun doit trouver sa voie même si elle dérange. L’amour entre hommes relève selon moi d’une forme élevée d’esthétisme.

Avez-vous la foi ?

Je suis comme Phèdre de Racine : une personne à qui la grâce a manqué.  La spiritualité et l’ésotérisme m’attirent particulièrement et je me sens une proximité avec ceux qui croient encore au Divin qu’il s’agisse des mystiques musulmans ou des fidèles du Vodu haïtien.

Je m’intéresse particulièrement au phénomène de syncrétisme religieux, car je trouve admirable le métissage de deux formes culturelles. 

 

Brahim MEGHERBI novembre 2015