Créer un site internet
 Votre panier est vide  Votre compte

Le Temps

J'ai passé tout ce temps, celui de ma vie à errer en vain, à être victime de ceux qui m'entouraient, gens faux et hypocrites, dissimulant l'évident que je ne percevais pas.

Je fus la risée du cinquième arrondissement, car je cherchais ce que des "fils de" possédaient déjà de par leur famille : contacts, connaissance des lieux, du système d'éducation à la francaise...

Je croyais naïvement à cette méritocratie republicaine, terme que j'abhorre désormais, quand il n'y avait aucun ascenseur social. 

Saint-Germain-des-Prés, les Champs-Elysées, le Marais: tout n'était que leurre. Le monde des lettres, celui des artistes, le milieu gay où j'espérais trouver la reconnaissance ou l'amour d'autrui, cela se résumait à des illusions.

Au fond, l'intellectuel du Café de Flore n'est que l'arrogant de l'avenue George V ou la pédale superficielle qui se fait mettre dans un bordel homosexuel.

Ces masques, je pourrais me les appliquer mais je ne suis pas masochiste.

Vanité, culte des apparences, noeuds de vipères, batailles insipides d'egos surdimensionnés : voilà ce qu'est Paris et je dois avouer que j'en suis écoeuré, dégoûté, bien plus que de raison. 

En fait, le clochard qui dort à ma porte est peut-être le ponte d'hier que la maladie, agravée par la consommation d'alcool inhérente aux moeurs françaises aura laissé sur le bas-côté.

Et Moi?

Moi, qui tel Helel ben Shahar prétendait arriver au sommet, pourquoi ai-je chu?

Eh bien, pour avoir commis le crime de Wilde, celui d'aimer un bel indifférent et de l'avoir exposé sur la place publique aux regards de l'Islam des Mollahs, j'entends celui de ma famille, et du Paris bourgeois qui s'encanaille dans les bas-fonds, qui lit Matzneff avec délectation, prône la soi-disant liberté d'expression mais ne l'applique qu'à lui-même,  avant de donner l'accolade en prêchant la paix du Christ, qu'il crucifie chaque dimanche dans sa bonhomie leucoderme.

L'Eglise n'est qu'un théâtre dans sa dramaturgie tragique, elle joue la mort du Christ tout en intimant à ses fidèles la nécessité d'être des frères ennemis, des Judas qui trahiront leur prochain pour quelques sous. 

Alors oui, comme Voltaire, comme Sade, comme Madonna, comme Marilyn Manson, je ne supporte pas charnellement ce que représente la religion : une multinationale dirigée par des financiers prêchant pour leur propre paroisse et distillant le mal dans leurs enseignements tout en affirmant que celui-ci est l'oeuvre de Satan. Celui-ci n'a jamais existé que pour être l'ami de la religion, un épouvantail, qui pousse á la tentation, un Père Fouettard qui punit par sadisme.

Est-ce que je hais Dieu?

Non, je conçois seulement sa non-existence.

Combien j'eus aimé qu'il fut!

Cela m'aurait donné une raison de vivre dans ce monde absurde, Ionesco ou Franz Kafka l'ayant démontré dans leurs livres.

Le pire des blasphèmes à mon sens, ce n'est pas de déchirer une Bible comme Manson le fait, c'est de blesser l'humble ou de nuire à l'autre parce qu'il est étranger.

L'humanité, cette faculté qui devrait lui être intrinsèque, l'homme de ce siècle ne la possède même plus, il l'a remplacée par l'argent et le culte de la télévision.

Aussi si j'avais un conseil à donner à un artiste  je ne saurais lui dire que : Kill your god, kill your TV.