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Évocation de Satan

 

Satan, Toi qui es l’ange favori de mon coeur, qui m'enseignas ce que j'ignorais de moi-même, je Te prie afin que Tu éclaires mon chemin, qu'il soit celui de la gloire ou de l'infamie.

Toi Vrai Dieu déchu, Toi Seigneur de la Révolte, Toi le Sagesse et la Violence du Savoir, — Tu vis en moi qui suis mort et autour de moi, aussi réel qu’aux âges troublés et aux âges barbares, quand Tu régnais, ivre du sang des martyrs et bourreau qui infligeait les tortures, pareil à un séraphin enflammant le monde, riant aux bûchers de l'Inquisition qui Te surpassait en cruautés. Sur Ton trône de mensonges, portant la tiare des ténèbres, Tu émeus mes passions, agitant, dans Ta main gauche, le glaive de la justice sans concession quand Tu portes dans Ta main droite la balance qui condamne.

Ô Satan, ô mon père, poursuis ceux que je hais, qu'ils souffrent, oui je veux les entendre, leurs cris et leurs supplications. N'apaise aucun tourment; sois inflexible. Je veux, moi, Ton fils chéri et élu, que ta colère se déchaîne. Ô comme je voudrais les anéantir quand je décharge, les priver de la lumière pour qu'ils fassent brûler en ton honneur la graisse de leurs fils.

Aujourd’hui, ils me disent dégénéré, égaré,  car je célèbre Ton culte dans la solitude de l'autel que je tai consacré. Leurs prêtres Te dénigrent; on Te dit étranger à ce monde dont Tu es le Prince et moi, berger, je suis Ton Serviteur. Qu'importe ! La femme instille son poison dans les enfants qu'elle conçoit et l'homme a l'outrecuidance de croire que sa goutte de sperme changera son destin. Ô Satan, délivre-moi d'eux et de leurs calomnies; entends ma prière, Père éternel de la douleur.

Chasse cette mélancolie saturnienne qui m'afflige; qu'enfin j'accomplisse cette oeuvre de destruction de la Civitas Dei qu'est Saint Germain des Prés.

Ma renommée, ces pourceaux, me l'ont volée, j'ai subi tourments et abus de toute sorte. Qu'ils connaissent les mêmes! Il n'y aura pas de pardon, ni de rédemption, juste le glaive de la langue française que je veux pervertir au plus profond de moi.

Ton fils est prêt, ô Satan, enorgueillis-Toi de sa volonté à poursuivre Ton oeuvre.

Médiocres, vides, perfides, voilà ce que ce sont ces germanopratins corrompus par l'argent.

Celui qui Te nie se nie lui-même; celui qui habite un hôtel particulier se vautre dans le purin.

Ces pourceaux se rient de moi  qu'ils s'alimentent de fumier aux senteurs nauséabondes.

Brahim Megherbi

The Third and Final Beast