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Art & Folie ?

 

Selon Aristote, il n’y a "pas de génie sans folie".

Un certain nombre d'artistes sont connus pour avoir été victimes de troubles psychiatriques, Vincent Van Gogh souffrait ainsi d’une psychose maniaco-dépressive quand d'autres comme Nerval connurent une forme sévère de dépression nerveuse.

Des chercheurs ont affirmé dans la revue Nature Neuroscience (8 juin 2015) une corrélation entre la fibre artistique et la psychose en étudiant le génome de plus de 86.000 Islandais. Les artistes : danseurs, acteurs, musiciens ou écrivains étaient considérés comme créatifs. Les employés de bureau, les agriculteurs, ou les travailleurs manuels ne faisaient pas partie de cette catégorie. Les chercheurs ont croisé leurs génomes avec différentes variations génétiques  liées à la schizophrénie et la bipolarité.

Le code génétique des artistes se trouverait à mi-chemin entre celui des psychotiques et celui des personnes lambda.

Selon les chercheurs : "les créatifs peuvent avoir une prédisposition génétique à penser différemment, ce qui, pourrait conduire à une maladie mentale ».

Néanmoins, il convient de nuancer leurs résultats : ainsi, comment définir la créativité ?

Etre membre d'une société artistique ne signifie pas pour autant que l'on est créatif, une danseuse de ballet excelle par sa technicité, non par sa créativité et il en est ainsi de bien des arts.

Et dans quelle mesure un artisan du bois ou du métal ne saurait-il pas lui aussi être créatif ?

Pour les chercheurs, les créatifs sont " capables d'avoir une approche novatrice différant des modes de pensée dominants".

La part génétique de la psychose maniaco-dépressive et de la schizophrénie reste à prouver : différents gênes peuvent intervenir. Il n'existe aucun gène de la schizophrénie, ni de la créativité. Que ce soit les racines de la créativité ou celles des psychoses, elles mêlent le plus souvent génétique et expériences douloureuses de la vie.

En effet, une personne créative (bien plus qu’un artiste, terme que nous jugeons réducteur), mais qui n’est pas entourée de ses pairs et qui ne récolte pas la reconnaissance liée à son art (au sens de travail) aura tendance à s’isoler et de ce fait manifester des troubles mentaux.

C’est par son acceptation sociale, même si son travail requiert un isolement nécessaire à la création et à la recherche, que le créatif peut trouver sa place.

Le créatif atteint l’équilibre lorsque ses pulsions sont sublimées : c’est ainsi qu’il manifeste son chef d’œuvre.

Le psychotique, au contraire, demande un traitement médical pour l’aider à vivre alors que le créatif est mu par son travail.

Un créatif peut créer un œuvre (au sens latin d’opus) quand le psychotique ne saura produire qu’un galimatias incohérent.

L’art des fous, souvent associé à l’art brut, nous parait de ce fait inconcevable : est art ce qui est construit et qui porte à s'interroger.

Nous dirons donc que certaines personnes atteintes de troubles psychiques ont su être créatives mais qu’il leur a manqué la reconnaissance sociale qu’ils auraient du avoir pour leur travail, et ce, parce que des psychiatres ou des artistes de renom comme Dubuffet, ont instrumentalisé leurs œuvres et les ont galvaudées.  Le rapport n’est pas que monétaire, Dubuffet était ainsi plus motivé par le désir de créer un concept qui lui permettrait d’assoir sa propre reconnaissance.

Sous le nom d’art des fous se cache une supercherie cynique : celle d’une société petite-bourgeoise qui n’a que faire de ses marges tant que cela ne lui rapporte pas.L'affirmation de Franco Basaglia selon laquelle la classe dominante, par sa violence sociale, provoque la folie se justifie. Le fou subit l'oppression intellectuelle de la classe bourgeoise, qui, loin d'essayer de le comprendre (ce qui serait en fait le soigner) le relègue à la psychiatrie afin de ne pas l'écouter.

Le remède à la déraison existe pourtant : c'est le langage. Par la verbalisation de ses troubles, le "fou" comprend la souffrance qui lui a été infligée et prend du recul par rapport à celle-ci. Alors, certes, subsitera en lui l'amertume du passé et la défiance vis-à-vis de l'autre mais l'état de colère intense (passion en un sens) qu'il ressent sera remplacé par la nécessité de faire désormais pour lui ce qui compte vraiment à ses yeux et ce, sans pour autant entrer dans les catégories sociales imposées par la naissance et l'existence, et, qui de fait ont causé son désespoir.

Evidemment, cela ne peut que déplaire à la classe bourgeoise qui n'acceptera jamais que "le fou" soit devenu de la sorte une personne au sens noble du terme mais la distanciation qu'a atteint le patient lui permet de se recentrer sur lui-même et non de faire ce que l'on attend de lui.

L'épanouissement est donc possible mais il ne l'est qu'au prix d'un sacrifice, celui de s'affranchir des carcans qui maintiennent prisonnier.

Parmi eux, la répression sexuelle ainsi imposée dans le monde arabe, conservateur et rétrgrade, ou par la bourgeoisie française, qui en fait est tout autant opposée à l'acte de chair et qui ne le perçoit que comme satisfaction d'un instinct animal et non comme une force permettant d'atteindre par le plaisir orgasmique un état de conscience alternatif (ce que nous enseigne le tantrisme)  enchaine des prolétaires homo ou même hétérosexuels à une situation de profonde frustration.

La prostitution relève de l'utilisation des corps par la classe bourgeoise qui fait de la prostituée un défouloir pour la violence prolétaire. Un homme agira avec brutalité avec une prostituée car il estimera que son corps lui appartient, qu'il en est le maître pour peu qu'il paye.

De même la société bourgeoise use et abuse du corps prolétaire car elle lui permet un salaire de misère.

Les corps sont donc instrumentalisés par un groupe social qui croit qu'en édictant ses principes consuméristes fascistissimes, tout ou presque lui est permis, et ce jusqu'à la destruction de l'identité d'autrui.