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Hélas

Hervé jamais ne crut en moi et il me causa bien des torts. Par jalousie, parce qu'il était adulte et que moi, j'étais encore et bien jeune et naïf, il me trahit et me poussa au burn-out.

Qu'importe ... au fond, pour lui, je ne valais pas grand chose et je serai oublié comme tant d'autres étudiants échouant à l'Université.

La différence est que je n'avais pas échoué, j'avais sombré dans la dépression nerveuse et ce naufrage lui semblait admirable pour peu qu il ne l affecta pas.

Et moi, je cherchais un père de substitut, je m'aveuglais en croyant en lui. Hervé était marié,  il avait des filles, il représentait le type même de ce qui m'avait toujours fait souffrir: le bon bourgeois bien propre sur lui qui voit en l'individu d'origine arabe un "indien" à quatre ans quand lui joue le cow-boy, un "voleur" à quatorze ans quand lui se prend pour un flic, un "islamiste" à vingt ans quand lui devient politicien.

Hervé symbolisait au fond cette France rétrograde d'extrême - droite qui a son ami gay, son ami noir mais qui rit devant Banania et s'amuse en parlant de flatulences.

Ma sensibilité ne valait rien, ma créativité n'existait pss, mon talent fut nié : il estimait que je devais connaître la frustration et la souffrance comme si je ne les avais jamais connues. Il y avait chez lui un culte de l'aigreur comme si seule l'amertume que lui-même ressentait pouvait amener à la production de quoi que ce soit d'intérêt.

Mais, au fond, qu'avait - il fait si ce n'est parler de fluidité ejaculatoire du phonème yod?

S'il y croyait, après tout, pourquoi pas, chaque homme a ses fantaisies et moi-même je ne saurai le juger autrement que comme un chrétien demeuré, c'est à dire au sens étymologique : un crétin

 

S'il tenait tant à être le maitre, pourquoi avoir tant voulu refuser le dialogue?

Sur un mot de sa part, nous eûmes été quittes, je me serai soumis à la loi du Père, mais cet insensé qui connaissait tant la psychanalyse lacanienne  qu'il me mena à l'abîme n'était autre qu'un intellectuel frustré n'ayant pour le moins aucune conscience du mal qu'il pouvait causer.

 

Si l'on estime que la psychanalyse lacanienne est fondée, alors Hervé a fait consciemment de moi l'Antechrist Superstar de la Société française, sa propre négation, celle de ses valeurs patriarcales et capitalistes.

 

Si c'est ce qu'il a voulu faire, alors la vallée de larmes que j'ai traversée a fait de moi ce que jamais je n'aurai cru devenir: non pas Ziggy Ztardust, l'idole androgyne et décadente, mais un monstre, fruit des amours illégitimes entre une pin-up qui pourrait être Bardot et un psychopathe qui aurait pu s'appeler Le Docteur Petiot.

 

Tel est le personnage qu'il a créé :

une sorte de Frank n Furter délirant, une Marilyn sous acide, une Twiggy mortifère .

 

Si au contraire Lacan s'est trompé, alors je suis une Sarah Bernhardt crucifiée sur une étoile jaune, par une société française plus raciste et xénophobe que le IIIE Reich

 

Jamais, je ne pardonnerai à la France ses violences, les harcèlements que j'ai connus, les tourments dont je fus affligée par l'Université, le milieu gay, la médecine, les services sociaux.

Ce pays auquel je ne prêtais guère d'importance me répugne désormais au plus profond du coeur, d'où ma fuite en Allemagne pour écrire The rise and fall of Brian Vane dont l'intro est :

Fuck God cuz I am the god of fuck

Fuck guns let'em fuck you

Fuck the government

let jeezm sort'em out

Fuck u

Fuck u very much

Cuz your words don't translate

And I don't wanna waste my time

 

I'm a saint I'm a whore I'm a sinner

I'm a fucker not a sucker

A goddamn good lay

And I never had to pay

 

Cherish obedience

Preach the book of love

I'll never let me down again

Everything's gonna be alright

 

Little sis, little bro

gimme your hands

Cause we're wonder ... ful

Music will save our mortal soul

 

Never let me down ...

Never let me down ...

 

Seen my scars

They're open wide

Everything's gonna be alright