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Journal de la Décadence

Bonjour, je vous invite sur cette page à découvrir le Journal de la Décadence dans sa version web.

C'est un journal qui traitera à la fois d'art, de psychanalyse et de politique. 

Pourquoi ce titre?

Eh bien, parce qu'en tant qu'écrivain décadent, il me semblait nécessaire de communiquer sur l'état de décadence de la société actuelle.

Par l'art, j'essaye de sublimer cet état, par la réflexion, je tente d'approcher cette réalité qui nous échappe sur l'instant car nous manquons de recul critique.

Bonne découverte ! 

 

Numéro 1 

Mars 2021

 

Lemon incest

Charlottete d'Ornella est une journaliste et chroniqueuse française de l'extrême droite.

Elle juge la relation de Serge Gainsbourg avec sa fille Charlotte immorale.

Le duo Lemon Incest sorti en 1985, alors que Charlotte n'est âgée que de 12 ans détonne sur les ondes.

Pour Pascal Praud, la chanson ne passerait plus aujourd'hui.

A qui la faute?

A des bien-pensants orientés politiquement vers la droite la plus intolérante qui estiment que l'art serait affaire de moraline, comme dirait Nietzsche.

Charlotte d'Ornella juge les images du clip atroces et parle de la perversité du chanteur.

Qui est-elle pour émettre ce type de jugement?

Les Fleurs du Mal de Baudelaire firent l'objet d'un procès pour atteinte aux bonnes moeurs, Salammbô fut jugée comme une oeuvre d'une violence inouïe.

N'est-ce pas le propre de l'art de questionner les limites et de nous confronter à ce qui nous dérange ?

Je préfère un beau "bizarre" à une monotonie de platitudes, à des bondieuseries sans effet.

Ce que j'aime dans la Sainte Thérèse d'Avila du Bernin, c'est de me dire que l'extase dissimule peut-être quelque chose de plus indicible ou pour être plus clair, plus physique.

Brahim Megherbi
03/03/2021

 

Art & Folie

Selon Aristote, il n’y a "pas de génie sans folie".

Nombre d'artistes ont connus des troubles psychiatriques. Vincent Van Gogh souffrait d’une psychose maniaco-dépressive quand d'autres Nerval connut une forme sévère de dépression nerveuse.

Des chercheurs ont affirmé dans la revue Nature Neuroscience (8 juin 2015) une corrélation entre la fibre artistique et la psychose en étudiant le génome de plus de 86.000 Islandais.

Les artistes : danseurs, acteurs, musiciens ou écrivains étaient considérés comme créatifs. Les employés de bureau, les agriculteurs, ou les travailleurs manuels ne faisaient pas partie de cette catégorie. Les chercheurs ont croisé leurs génomes avec des variations génétiques liées à la schizophrénie et la bipolarité.

Le code génétique des artistes se trouverait à mi-chemin entre celui des psychotiques et celui des personnes lambda.

Selon les chercheurs : "les créatifs peuvent avoir une prédisposition génétique à penser différemment, ce qui, pourrait conduire à une maladie mentale ».

Il convient de nuancer leurs résultats : ainsi, comment définir la créativité ?

Etre membre d'une société artistique ne signifie pas pour autant que l'on est créatif, une danseuse de ballet excelle par sa technicité, non par sa créativité et il en est ainsi de bien des arts.

Et dans quelle mesure un artisan du bois ou du métal ne saurait-il pas lui aussi être créatif ?

Pour les chercheurs, les créatifs sont " capables d'avoir une approche novatrice différant des modes de pensée dominants".

La part génétique de la psychose maniaco-dépressive et de la schizophrénie reste à prouver : différents gênes  interviennen. Il n'existe aucun gène de la schizophrénie, ni de la créativité. Que ce soit les racines de la créativité ou celles des psychoses, elles mêlent le plus souvent génétique et expériences douloureuses.

En effet, une personne créative (bien plus qu’un artiste, terme que nous jugeons réducteur), mais qui n’est pas entourée de ses pairs et qui ne récolte pas la reconnaissance liée à son art (au sens de travail) aura tendance à s’isoler et de ce fait à manifester des troubles mentaux.

C’est par son acceptation sociale, même si son travail requiert un isolement nécessaire à la recherche, que le créatif trouve sa place.

Le créatif atteint l’équilibre lorsque ses pulsions sont sublimées : c’est ainsi qu’il manifeste son chef d’œuvre.

Le psychotique, au contraire, demande un traitement médical pour l’aider à vivre alors que le créatif est mu par son travail.

Un créatif peut créer un œuvre (au sens latin d’opus) quand le psychotique ne saura produire qu’un galimatias incohérent.

L’ art des fous, sassocié à l’art brut, nous parait de ce fait inconcevable .


Est art ce qui est construit et qui porte à s'interroger. Un artiste est un penseur et il son travail est nourri de références artistiques, plus ou moins assumées.

Certaines personnes atteintes de troubles psychiques ont su être créatives mais il leur a manqué la reconnaissance sociale qu’ils auraient du avoir pour leur travail, et ce, parce que des psychiatres ou des artistes de renom comme Dubuffet, ont instrumentalisé leurs œuvres et les ont galvaudées.  

Le rapport n’est pas que monétaire, Dubuffet était motivé par le désir de créer un concept qui lui permettrait d’assoir sa propre reconnaissance.

Sous le nom d’art des fous se cache une supercherie cynique : celle d’une société petite-bourgeoise qui n’a que faire de ses marges tant que cela ne lui rapporte pas.

L'affirmation de Franco Basaglia, selon laquelle la classe dominante, par sa violence sociale, provoque la folie se justifie.

Le fou subit l'oppression intellectuelle de la classe bourgeoise, qui, loin de le comprendre (ce qui serait en fait le soigner) le relègue à la psychiatrie afin de ne pas l'écouter.

Le remède à la déraison existe pourtant : c'est le langage.

Par la verbalisation de ses troubles, le "fou" comprend la souffrance qui lui a été infligée et prend du recul par rapport à celle-ci.

Alors, certes, subsitera en lui l'amertume du passé et la défiance vis-à-vis de l'autre mais l'état de colère intense (passion au sens latin de patior : je souffre) qu'il ressent sera remplacé par la nécessité de faire désormais pour lui ce qui compte à ses yeux et ce, sans pour autant entrer dans les catégories sociales imposées par la naissance et l'existence, et, qui de fait ont causé son désespoir.

Cela ne peut que déplaire à la classe bourgeoise qui n'acceptera jamais que "le fou" soit devenu de la sorte une personne au sens noble du terme mais la distanciation qu'a atteint le patient lui permet de se recentrer sur lui-même et non de faire ce que l'on attend de lui.

L'épanouissement du fou ou de l'artiste de génie (et je ne parle pas là de l'artiste-commercial qui fait du marketing) est  possible mais il ne l'est qu'au prix d'un sacrifice, celui de s'affranchir des carcans qui le maintiennent prisonnier.

La répression sexuelle imposée dans le monde arabe, conservateur et rétrgrade, ou par la bourgeoisie française, qui en fait est tout autant opposée à l'acte de chair et qui ne le perçoit que comme satisfaction d'un instinct animal et non comme une force permettant d'atteindre par le plaisir orgasmique un état de conscience alternatif (ce que nous enseigne le tantrisme)  enchaine des prolétaires à une situation de profonde frustration.

Brahim Megherbi

03/03/2021

 

De la Prostitution

La prostitution relève de l'utilisation des corps par la classe bourgeoise leucoderme qui fait de la prostituée un défouloir pour la violence.

Un homme agira avec brutalité avec une prostituée car il estimera que son corps lui appartient, qu'il en est le maître pour peu qu'il paye.

De même la société bourgeoise use et abuse du corps prolétaire car elle lui permet un salaire de misère. Et elle lui cède la prostituée pour que celle-ci calme ses pulsions.

Les corps de la prostituée et du prolétaire sont instrumentalisés par un groupe social qui croit qu'en édictant ses principes consuméristes fascistissimes, tout ou presque lui est permis, et ce jusqu'à la destruction de l'authenticité et de l'identité d'autrui.

Par le travail et son défouloir, le sexe tarifé, la bourgeoisie brise les corps prolétaire s et de ce fait annihile la possibilité d'une quelconque élévation intellectuelle.

 

Brahim Megherbi

03/03/2021

 

Du prolétariat

Comment penser, être réellement (le propos de l'homme est d'être un roseau pensant),  c'est à dire avoir la capacité à juger et à analyser lorsque l'on est un prolétaire et que l'on doit travailler à la chaîne ?

La bourgeoisie confisque le savoir et n'en délivre au prolétaire que des bribes par le biais de la soi-disant éducation républicaine.

D'autre part, par le biais des media, elle focalise l'esprit du prolétariat sur des sujets insensés (téléréalité ...) afin de le maintenir dans un degré d'abrutissement profond et une idiotie crasse.

Le but de la bourgeoisie leucoderme est d'éviter que le prolétariat ne devienne conscient de ses capacités afin qu'il demeure et son inférieur et son serviteur.

Quand nous disons son serviteur, cela est patent dans ce qui se constitue la norme.

 

Brahim Megherbi

03/03/2021

 

De la norme

La norme est fixée par la bourgeoisie leucoderme de façon ethnocentrique et doit se répandre dans la société.

Ainsi, la xénophobie fait partie de cette  norme.

Le groupe leucoderme dirigeant n'accepte pas l'étranger à son niveau. Elle le dévalorise, le dévalue en quelque sorte, elle l'avilit.

Celui-ci, dès lors qu'il comprend cette norme, ne peut s'y opposer mais va devenir en quelque sorte un "serviteur" dont la fonction est d'avilir un autre étranger.

Par exemple, un  Portugais se soumettra au Français leucoderme, mais va avilir la personne d'origine africaine, qui de la même façon se soumettra au Portugais mais cherchera à avilur l'individu d'origine arabe.

La xénophobie fait partie de la norme leucoderme et permet aux classes dirigeantes d'exercer un pouvoir violent sur la société française en adoptant le principe selon lequel il faut diviser pour régner.

Les membres du groupe leucoderme n'ont aucun intérêt à voir des peuples étrangers en bonne entente.

Seule l'extrême droite assume sa xénophobie, la droite républicaine ne s'intéresse aux étrangers que lorsque ceux-ci peuvent lui rapporter et elle les abandonne dès que ce n'est plus le cas.

La gauche n'est pas plus tolérante : elle entend prendre en considération les desiderata des populations d'origine étrangère pourvu qu'elles leur restent inféodées.

De toute manière, non seulement celles-ci n'obtiendront quasiment rien, mais elles resteront dévalorisées et traitées comme des inférieures.

Une forme de colonialisme paternaliste.

 

Brahim Megherbi

03/03/2021