Créer un site internet
 Votre panier est vide  Votre compte

La vie de Brahim M

La vraie vie de Brahim Megherbi

 

nouvelle autobiographique

 

 

 

À 22 ans, je fus déclaré persona non grata au sein de ma famille, renié, mis à la porte par mes parents ...

 

Ma faute : être gay.

Un 'attay : celui qui donne son cul, la pire insulte aux yeux des Algériens. Ils considèrent en effet que tout homosexuel se vend à bas prix aux braquemarts blancs.

J’étais devenu une honte pour ma famille, comme je pus le constater avec amertume.

Trop longtemps proche d’une mère autoritaire, qui me haïssait, sans que je puisse le comprendre et qui multiplia à mon égard les mauvais traitements, je représentais l’enfant non désiré, le bébé né trop tard, la bouche de trop à nourrir.

 

J’avais été un élève brillant mais peu discipliné, un surdoué à une époque où seuls les plus lamentables vivaient leur quart d’heure de célébrité warholien.

Dès l'adolescence, je ressentis une attirance physique pour les hommes que je n’osais m’avouer.

Cette réalité resta cachée des autres jusqu'au jour où je fus outé par une perverse narcissique que j’avais connue sur un forum de discussion (chat) homosexuel.

Cette Parisienne, du nom de Christine, se fit passer pour un homme afin d’entrer en contact avec moi et me berner. Lorsqu’elle eut saisi sa proie, elle n’accepta pas que je pus me refuser à elle et entreprit de me détruire par différentes techniques de manipulation mentale et de harcèlement moral.

Elle appela mes parents et leur révéla mon homosexualité. D’autre part, elle infiltra et mon répondeur et mon compte e-mail, bien destinée à se jouer de moi en contactant les gens que je connaissais.

Alors commença ma descente en enfer.

Harcelé de tous, famille, professeurs, condisciples, je sombrais dans les abîmes de la dépression nerveuse.

Les langues de vipères se liguèrent contre moi et je fus l’objet de rumeurs atroces, selon lesquelles j’allais perpétrer un attentat le jour de la date anniversaire de la mort d’Hitler à l’Université de Paris VII.

Pour mes parents, j’étais devenu le ‘attay. Je tentais de m’expliquer jusqu’au jour où la violence prit un tournant plus dangereux.

Mon père, hors de lui, vieillard sénile, éructant qu’il ne voulait pas de moi chez lui, tenta de me briser le poignet.

Il me fallut fuir.

J'aurais pu tomber dans la prostitution si je n’avais compris qu’il me faudrait trouver en moi-même les aptitudes nécessaires à ma survie.

Menant une vie de bohème, considéré par les uns comme un voleur et par les autres pour un terroriste à cause de la couleur de ma peau, je me heurtais à l’ignorance et à la médiocrité françaises.

Je connus des années de harcèlements et de violences exercées sur ma personne en raison de mes origines socio-ethniques.

Au Centre Georges Pompidou ou à la bibliothèque de la Mairie du 8e arrondissement,  des Parisiens se gaussaient de moi, ils m'humilierent plus qu'il n'est possible à un être humain de le faire. 

Choses indicibles, mais qu’il me faut pourtant graver par la plume dans le marbre car oui, elles existent.  

Mon calvaire ne s’arrêta pas là.

Suite à une dispute avec un membre d’Emmaüs, je fus conduit au poste, violenté par les policiers, méprisé, insulté tout au long de l'interrogatoire. Ma nationalité française fut niée et je fus considéré comme un étranger en situation irrégulière.

Et l’on voudrait après cela, que je me fasse le chantre d’une Nation française qui me hait, qui fait sans cesse de moi l’objet de discriminations ?

Eh bien, je le dis : il n’est de pays plus xénophobe que la France, de contrée plus proche du National-socialisme…

Chaque jour y sont perpétrés des atteintes révoltantes à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui figure en préambule de la Constitution française de 1958, établissant la Ve République.

Mes mésaventures se poursuivirent à l’hôpital où je consultais suite à la dépression dans laquelle je me trouvais.

Jamais, la psychologue ne me prit pas au sérieux : elle ne me témoigna aucune compassion

Je ne ressentis de sa part que le plus profond mépris.

Au travail où je dus travailler comme un esclave moderne pour un salaire de misère à faire du conditionnement et de la mise sous pli avec des malades mentaux, des handicapés et des attardés, je fus sans cesse rabroué par la direction.

Durant des jours, des mois, des années, j’ai essayé en vain de comprendre le comportement de ces gens qui m’ont blessé et qui ont formé celui que je suis devenu aujourd’hui : la face sombre de la République.  

Je n’ai plus rien à perdre désormais, je ne crains plus rien.

Je peux et dois tout dire.

Enfin, je dis de cette ville de Paris moderne, ce qu'elle est : une ville de salauds, que Pasolini aurait nommée Salò.

Je n'ai aucune gêne à le faire, il faut enfin que les choses soient dites. Cette putain syphilitique qu'est Paris mériterait que sa bourgeoisie immonde et infâme soit par le glaive sanctionnée. 

Ce n'est pas moi qui exécuterait cette sentence, ceux qui sont intelligents me comprendront. Quant aux idiots, la porte de l'enfer leur est grande ouverte.

 

Brahim Megherbi

Septembre 2020 - Tous droits réservés - Haus of Golgotha