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Le suicidé de la société

Comme tout homme, j'ai mes faces obscures.

Je fus victime d'un burn-out alors que j'étais en maîtrise à l'université de Paris VII.

Plusieurs causes l'expliquent : je travaillais pour payer mes études car mes parents me privaient de tout sou,  j'étais profondément blessé par le fait que Jean-Claude Montheil ait mutilé mon film de licence de façon à ne donner de moi qu'une image sexuelle, après m'avoir exclu des salles de montage avec ses assistantes Katharina et Justine.

J'étais sous la férule d'un directeur de maîtrise autoritaire, Hervé Joubert-Laurencin et j'avais rencontré une perverse narcissique.

Par ailleurs, je ne récoltais que mépris et humiliation de la part de mes condisciples car mon aspect efféminé et mes origines faisaient de moi la cible des quolibets.

Parce que je questionnais le gender, je fus insulté et comme je travaillais sur Héliogabale ou l'Anarchiste couronné d'Antonin Artaud, je fus faussement pris pour fou.

Ce que les gens ne comprennent pas en raison de la médiocrité de leur intellect, cela passe pour folie ou sottise à leurs yeux.

Harcelé de toute part, je sombrais dans la dépression nerveuse et devins la victime de tous ceux que je rencontrais. S'ajoutaient à cela rejet familial et isolement profond.

Je fus dès lors considéré comme un paria, un fou, un rebelle à l'ordre public. Je fus dénigré, humilié, agressé, traité comme de la merde.

Tous se comportaient en fils de salauds, ce n'est pas en France que je vivais, ce n'est pas à Paris que je travaillais  mais à Saló, comme Pasolini, sur lequel j'ai écrit un livre, avait pu le ressentir avant que l'État italien ne se débarrasse de lui en maquillant son assassinat en crime crapuleux.

Quel intérêt aurait eu Pelosi à s'acharner sur le cadavre de Pier-Paolo si ce qu'il désirait étaient son argent et sa voiture? Pourquoi au lieu de fuir au plus vite aurait-il roulé sur le corps en marches avant et arrière, jusqu'à ce que le malheureux cinéaste soit défiguré ?

La thèse officielle ne tient pas debout.

Van Gogh, Antonin Artaud, Pasolini, moi-meme, nous avons été des "Suicidés de la Société". Des êtres idéalistes sacrifiés par la bourgeoisie occidentale, des boucs émissaires conduits à un funeste trépas pour avoir osé être nous-mêmes dans un monde "fake" décrit par Guy Debord comme la société consumériste du spectacle, un  milieu cannibale qui se repaît de la souffrance, comme du martyre d'autrui, plutôt que d'accepter sa remise en question, pourtant nécessaire à son évolution.

Qui porte un regard éclairé sur la France des années 2000 devait nécessairement mourir.

Le Christ a connu la Passion, trahi par Judas et même par Pierre.

J'ai connu les affres de la cruauté parisienne, abandonné par Hervé Joubert-Laurencin qui se jouait de mes tourments.

Je fus rejeté par Rochelle Fack qui se réfugia dans une attitude désinvolte. C'est par jalousie qu'ils agirent ainsi.

Tant que j'apparaissais avec une chemise Dior, alors j'étais le centre de leur intérêt, sitôt que je fus dans la misère , alors je ne valus plus rien à leurs yeux.

Comme Gide avait abandonné Oscar Wilde, ils me firent comme un pestiféré. 

Hervé, bourgeois leucoderme, ne pouvait accepter que je fus plus brillant que lui, que j'assume mes penchants alors que ce n'était pas son cas, que je fus maître de moi et non l'esclave d'un dieu chimérique, invention d' Araméens errants en quête de terre.

Que savait-il de moi? Rien.

Que connaissais-je de lui? Tout.

 Il n'avait aucun recul sur lui-même.

Je ne pouvais être qu'un ridicule pantin désarticulé à ses yeux, non pas un Penseur averti & un Artiste accompli.

Le pauvre provincial venu de Bretagne, était l'esclave de ses préjugés de classe.

Que j'aie pu faire des études, que j'aie intégré une hypokhâgne à Louis-le-Grand, que sans cesse je pus avoir été la victime de la xénophobie parisienne le laissaient de marbre.

Seules comptaient à ses yeux la pauvreté de ses vues, sa suffisance, son ignorance mâtinée d'arrogance masculine.

Que l'être humain est vain, qu'il est peu face à la marche inexorable du temps, de Chronos qui dévore les enfants que sont les instants qui s'écoulent sans autre but que de disparaître. 

Life is a bitch, and then you die.

Que croit l'homme en blessant autrui?

Que ce soit lui ou son voisin, nous sommes tous condamnés à mourir, à tomber en putréfaction sans aucun espoir, si ce n'est celui que nos créations nous survivront.

En fait, l'homme n'est qu'un vaurien, un cancrelat, le seul animal de la création à pouvoir détruire son semblable pour affirmer son ego et la seule bête à même de menacer, de dilapider son environnement afin de justifier ses bas-instincts.

Comme je pourrais citer d'exemples de fausseté, de tromperie, d'hypocrisie ...

L'association Emmaüs-Agora ferait frémir de terreur l'abbé Pierre s'il savait ce qu'elle est devenue.

Le Refuge n'accueille des jeunes homosexuels en rupture familiale que pour les harceler et les détruire, tant ses membres ne sont intéressés que par l'argent et la reconnaissance.

La police multiplie les brutalités á l'egard des populations non leucodermes et fait appel à la Préfecture de Police pour enfermer ceux qui contestent sa violence illégitime.

Les médecins de CMPs abusent des camisoles psychiques et leurs patients ne sont pour eux que des déments anonymes qui leur permettront de gagner leur salaire.

Les ESATs s'enrichissent en exploitant des personnes handicapées, ne leur offrant qu'un salaire de misère à l'aune de la peine des usagers. 

Le Pôle Emploi entend juger à la place du chômeur du travail qu'il doit occuper.

La CAF malgré des situations alarmantes maintient les gens dans la plus grande des misères.

Le CNES sous prétexte de fournir de l'emploi aux personnes souffrant d'un handicap les sous-paye.

La France est donc le pays qui respecte le moins possible la déclaration des droits de l'homme au profit de l'avidité et de la cupidité.

Comme cela m'écoeure d'entendre parler des Lumières, souffrez Voltaire, Diderot, Rousseau, vous tous qui avez composé les seules valeurs que je reconnais et que nul ne respecte plus.

Cette bourgeoisie que vous avez sorti du Tiers-Etat n'a su que vous récupérer à son compte pour se parer des lumières de vos esprits mais n'a appliqué dans le fond que la cruauté et la sauvagerie des écrits du Marquis de Sade.

Certes, tout bourgeois comme il se doit s'alarme à son nom, mais que fait-il si ce n'est suivre la conduite de Noirceuil et de Juliette, ces monstres sans foi ni loi dénués de tout sentiment.

Il n'y a pas plus sadique qu'une femme de Droite, pas de personnage plus immonde qu'un capitaliste véreux.

Paris est une ville où seul compte l'argent, Moloch moderne auquel on sacrifie des innocents sous prétexte de valeurs humanistes.