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RUE DE FLORBELLE

 

RUE DE FLORBELLE

 

Roman contemporain à clés

 

Brahim MEGHERBI

 

NOTE D INTENTION

L’individualisme me répugne, c’est ce qui me poussa à écrire.

 

Il m’évoque les eaux glaciales d’un calcul égoïste.

L’ouvrage traite du non-respect des droits de l'homme et des turpitudes des élites parisiennes, et plus spécifiquement, des tortures quotidiennes, qu'elles infligent à des populations, financièrement défavorisées, au profit de fils à papa xénophobes, vains, ineptes et stupides, plus cruels et sadiques que ne le sont nombre de bêtes sauvages.

J’en ai écrit les lignes directrices, en pensant aux 120 journées de Sodome de Sade, seul auteur qui permet, selon moi, de comprendre la société actuelle.

 

RESUME

 

En l'an 2025, Marcella Dominici est épouse d’Ernest M., Président de la République française.

Il fait de l’Etat un bordel, elle organise un bordel d’Etat.

Pour célébrer la plus bestiale, la plus monstrueuse, la plus inhumaine des orgies jamais organisées, elle réunit quatre scélérats, occupant des positions de pouvoir, à Paris et leur intime l’ordre de se tenir cloîtrés durant 120 journées, dans un hôtel particulier, du nom de BEAU DARLING, situé dans le Marais, rue de Florbelle.

C'est dans ce quartier, où se concentrent les descendants d'une population, autrefois exterminée, et non aux Tuileries, lieu de misère sexuelle, plus contemporain, qu'ils ont décidé de se distraire des souffrances des hommes.

Les roués introduisent avec eux, à BEAU DARLING, quatre prostituées, corrompues, dès leur plus jeune âge, par l'argent, signifiant le plus annihilant de toute signification, ainsi que des mignons, qu'il va s'agir de déniaiser, afin de leur faire comprendre qu'ils n'ont aucune dignité humaine, et que ce sont, tout au plus, des pantins, entre les mains de leurs Maîtres, qui les manipuleront, comme ils le désirent, avant de les briser, en recourant à toutes les spéciosités du harcèlement.

L'un d'eux sera prostitué ; l'autre travesti ; un autre servira de cendrier ; un autre encore d'urinoir à la Duchamp, car il s'agira de les humilier, autant que faire se peut, afin de leur rappeler ce qu'ils représentent :

De la merde, destinée à être consommée, et rejetée.

A l’aube de la 121e journée, Robert-Pierre, dernier survivant, se suicide en se tirant une balle dans la tête au milieu d’un monceau de cadavres.

Il est écœuré par les atrocités qu’il a vues se perpétrer sous ses yeux.

Il lui aura suffi d’une seule balle pour que le monde dont il n’a fait qu’entrevoir la corruption disparaisse.

 

PERSONNAGES

 

4 roués qui représentent les quatre formes de pouvoir :

Herbert de Jovis-Pater, pouvoir psychiatrique, bel homme, blond, aux yeux bleus, 1m90, un certain rictus qui laisse présager de sa cruauté

Hans-Klaus, pouvoir médiatique, homme fourbe, poilu et bedonnant, 1m65

Abraham Stolz, pouvoir financier, homme barbu, 1m75, un certain charisme

Cristobal Nazz, pouvoir religieux, d’origine argentine, 1m 70, barbe de trois jours

 

Nos hommes sont quatre Bourgeois Français, bien comme il faut, c'est-à-dire, leucodermes.

Ils se revendiquent, sans cesse, de la Loi du Père, des Lois d'une République, qu'ils n'appliquent jamais, qu'à leur avantage, ou lorsqu'ils peuvent faire gratuitement du mal, à ceux qui les ignorent. 

Ce sont des gens, sans religion, sans la moindre morale, souillé de plus d'infamies, qu'il est possible de dénombrer.

Aux yeux de ces gens, la vie d'un homme n'a d'autre prix que celui de la viande, c'est-à-dire de sa valeur marchande.

Madame Claude : Une femme des plus dépravées, chargée d'instruire les enfants.

Leslie Savage : danseuse aux seins nus

Zerah : prostituée d'origine marocaine. Elle est née à Tanger et sans être très belle, elle a des formes opulentes. La misère l'a aigri et elle a perdu tout sentiment d'humanité.

Kazumi : actrice porno, habituée aux relations hard et notamment aux doubles penetrations. D'un physique médiocre, elle a une tendance à l'embonpoint et sans être mauvaise par nature, elle ne se sent à l'aise que dans la raillerie qui lui permet de déverser son aigreur.

Conchita : servante espagnole.

Awa : servante africaine.

Lydia : servante arabe.

Robert-Pierre : jeune homme survivant à l’orgie

 

STRUCTURE DU ROMAN

Il est divisé en sept cercles, chacun d’entre eux étant associé à un péché capital.

Cercle 1 : La gourmandise ou penchant immodéré pour la nourriture et la boisson.

Cercle 2 : La paresse ou négligence de ses devoirs au profit de l’oisiveté.

Cercle 3 : L’envie ou joie coupable ressentie devant le malheur d’autrui.

Cercle 4 : L’avarice ou attachement désordonné à l’argent.

Cercle 5 : L’orgueil ou estime excessive de soi-même.

Cercle 6 : La luxure ou attachement illégitime aux plaisirs de la chair.

Chacun des six premiers cercles se divise en vingt récits, ce qui fait 120 perversions.

Cercle 7 : 121E journée : la Colère ou mouvement déréglé vers la violence.

 

EXTRAIT DU ROMAN

Nous moralistes, dévôts, si vous le souhaitez, nous ne sommes que criminels.

Parés du masque de la vertu, nous ne faisons que dissimuler nos vices.

Non, nous n’agissons pas en libertins, car peu nous importe cette fadaise philosophique que vous ne cessez de proclamer et que vous bradez néanmoins pour quelques sous.

C’est la corruption qui nous attire, la perversité qui nous motive.

Qui pourrait nous arrêter, nous qui sommes si prompts à le condamner ?

Nulle autre limite que celle de notre bon-vouloir existe et nous nous moquons fort de ceux qui croient nous imiter.

Sade vous vient-il à l’esprit ?

Mais comme il fut sot, combien il eut gagné à cacher ses penchants?

Sa belle-mère, plus avisée, le fit enfermer par lettre de cachet et il séjourna à la Bastille. Il eut beau crier sa différence, il fut considéré comme dément. De divin, il ne porta que le nom et de diabolique, il fut en fait un autre bouc émissaire voué à Azazel dans le désert.

Victime plus souvent que bourreau – le fut-il seulement, lui qui, sur le témoignage d’une prostituée, fut calomnié ? – il ignora tout du jeu social de la cruauté et fut le pantin désarticulé que l’on jette, après usage, aux ordures.

Flaubert, Baudelaire, Huysmans le lurent dans des ouvrages vendus sous le manteau, mais jamais ils n’eurent le courage de l’avouer en fats qu’ils étaient !

La violence barbare de Salammbô, le tribadisme impudique des Fleurs du Mal, le satanisme grand-guignolesque de Là-bas … quelles pleutreries, comparées aux 120 journées révulsant tout lecteur qui n’est pas pervers et dont la perte du manuscrit causa des larmes de sang à son auteur !

Comme il était allé loin, comme il avait fort bien décrit nos mœurs obscènes, nos vices impérieux, nos tempéraments sanguinaires à nous, Puissants, mais quelle fut sa chute dans l’asile d’aliénés de Charenton !

De nos jours, nous le nommons Esquirol et nous y voyons des coprophages condamnés à l’isolement, des psychotiques fumant cigarette sur cigarette, des dépressifs usant leurs nerfs affaiblis à décrire leur désespoir existentiel – ce qui fait la condition même de l’homme, seule chose qui le distingue véritablement de la bête assoiffée de sang et de rut qu’il est en réalité.

Quant aux psychiatres endimanchés, ils se rient bien de ces malades qu’ils ont pour fonction de soigner.

La vocation jamais ne les a intéressés, mais plutôt un intérêt morbide pour les sinuosités les plus ténébreuses de l’esprit humain. Seules leur condition sociale et le salaire qui s’y rapportent les motivent à évoluer dans ces lieux où l’ancienne catin expie ses péchés, que l’on nomme nymphomanie et où le toxicomane se voit prescrire des drogues de substitution.

Nous, grands pontes, observons cela de bien-haut, de notre Empyrée nosologique, prenant la distance nécessaire pour choisir qui finira dans notre couche, plus souillée que celles de la Vénus de Corinthe ou de Messaline.

C’est qu’il nous plait de nous repaitre, en rebuts de l’aristocratie magnoludovicienne, de l’abjection qui s’offre à nous.

Nos discours vous font horreur, mais qui invoquerez-vous ?

Un Dieu des armées violent et autoritaire, qui noya par pur sadisme l’humanité sous le déluge, qui fit choir du ciel le feu et les flammes qui ravagèrent les Sodomites, un Dieu qui enseigne la loi du talion, qui donna l’ordre aux Hébreux d’exterminer les Cananéens comme les colons américains le firent des Indiens, sous prétexte qu’ils étaient païens ?

Est-il nécessaire de rappeler qu’il cautionna l’esclavage des Noirs, considérés comme le peuple maudit de Cham, qu’il accepta la mort de son soi-disant fils, crucifié sous les yeux de sa mère ? Mais quelle sorte de Dieu est-ce là ?

N’est-il pas plutôt le Crime incarné, le démiurge malfaisant des théories gnostiques, le Ialdabaoth, rejeton aussi immonde qu’immoral de la Sagesse ?

Vous rendrez-vous enfin compte que seule l’imagination féconde d’un peuple composé de voyous et de malfrats, infestant les côtes d’Egypte put mettre au point cette idole, vaguement inspirée du dieu d’Akhenaton afin de se glorifier du titre de peuple élu et commettre les massacres, les exactions et les sacrilèges qu’elle s’accordait le droit de perpétrer ?

D’ailleurs, bien souvent, elle lui adjoignit une compagne dite Asherah, représentant la Luxure, vénérée par des débauches nocturnes sur les collines de Sion, voire même un taurillon ou un serpent, conservés dans le temple comme legs de son archaïsme.

Car, tel est le point où nous voulons en venir : la Superstition a toujours été fille du traditionalisme étriqué et mère de la Barbarie.

Rejetez donc ces reliques d’un âge révolu, goûtez au Vice comme au plaisir suprême, détournez vos cœurs de la norme sociale qui vous a été imposée, lancez-vous dans cette carrière où vous ne récolterez que des roses, bannissez ces hypocrisies d’autrefois, vouez-vous aux orgies comme si c’était là la raison pour laquelle vous aviez été créés, ne craignez donc pas d’aimez celui qui vous excite, et ce quelque soit son sexe, ne versez pas dans la culpabilité, ce n’est que sur cette terre et à ce moment que vous faites ou votre Paradis, ou votre Enfer.

Il n’est rien de plus suave que les étreintes masculines, la voie du con est celle de la damnation, usez d’une femme, si vous le désirez vraiment … mais cela ne se produira sans doute plus …  non comme d’une matrice, mais comme d’un pis-aller.

Rien n’est plus délicat que la verge d’un éphèbe, rien de plus antiphysique que la pédérastie qui abolit les genres et résout la tendance à l’androgynie.

 

BRAHIM MEGHERBI - 2020 -

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