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Rushdie

Salman Rushdie dans les Versets sataniques présente Mahomet comme un homme sans scrupules et fait allusion à un événement relaté par l'historien Tabari qui donne son nom au roman, qui je le rappelle est une fiction inspirée par le prophète de l Islam et non pas une biographie, Rushdie ne peut donc selon nous être condamné même si son approche reste discutable.

Satan (Iblis en arabe) aurait suggéré à Mahomet des versets  faisant allusion à l'intercession des déesses païennes de la Mecque : al-Lât, al-Uzza et Manat.  Al-Lât était assimilée à Athèna, al-Uzza à Aphrodite, Manat, divinité du destin à Némésis. Iblis les aurait nommées al-Gharaniq, ce qui signifie en fait "les grues". Ce terme étrange est parfois traduit par augustes déesses mais ce n'est pas son véritable sens. Le démon les associe de la sorte aux djinns, qui prennent forme d'oiseaux ou de serpents.

Mais la source de Tabari est faible et lui-même dit ne relater que ce qui lui a été transmis.

Autrement dit, la polémique n'avait pas lieu d'être et n'a su que mettre en évidence la stupidité et le fanatisme. Non seulement, le livre de Rushdie ne critique pas Mahomet : son personnage se nomme Mahound, ce qui l'en distingue; d'autre part, la véracité des versets sataniques est pour le moins douteuse. Ibn Kathir dans son Tafsir indiqué que l'histoire est erronée

Un musulman censé n'aurait du penser que ce que les érudits en ont dit, à savoir que cette légende était liée à un zindiq (incrédule) car si Mahomet avait reçu ces versets de l'ange Gabriel, il n'aurait pu y souscrire et en aurait senti l'imprégnation satanique. C'est le point de vue adopté par Ibn Khuzaima et nous y souscrivons.

Je m'étonne que les intellectuels musulmans se soient fourvoyé et qu'ils aient pu ignorer les conclusions que je tire de cet événement malheureux qui n'a su qu'accroître la défiance de l'Occident à l'égard de bien des Musulmans, dont le principal problème est de crier au scandale là où le recul critique serait préférable.

Pour ma part, je pense que la fatwa émise par Khomeini n'a fait que donner une publicité à un ouvrage pour le moins indigeste et auquel il eut fallu accorder plus d'indifférence qu'il ne fut fait. 

Les caricatures de Mahomet posent un autre problème, elles sont insultantes mais tout Musulman sensé devrait savoir qu'à la provocation de bas étage, la meilleure réponse est le plus profond mépris. 

L'Islam a été vilipendé par la chrétienté depuis le Moyen-Âge et considéré au mieux comme une hérésie ou un culte païen (celui de Bafomet, nom occitan de Mahomet), au pire comme une apologie de la violence ou de la luxure.

De nos jours, les Musulmans sont confondus avec des terroristes en puissance et certains membres de l'intelligentsia confondent sous le vocable d islamisme la religion de Mahomet et sa dérive politique qui a fait plus de victimes innocentes chez les Musulmans qu'en Europe.

Ne nous emportons donc pas face à l'idiotie ou au blasphème, ils ne font que démontrer la débilité de ceux qui y ont recours.