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Tabou

 

Mes expériences sexuelles au Jardin des Tuileries, lorsque j'étais plus jeune, me permirent de tester mes limites, et d'explorer la notion de tabou. Si elles m'ont fait passer de l'autre côté du miroir, c'est-à-dire du côté de la mort, j'en ai retiré une énergie et une puissance, que je n'aurai même soupçonnées. Je ne suis plus le petit Arabe imbécile, qui vivait dans la crainte du Français.

Pour avoir vu, jusqu'où le Français était capable d'aller, par racisme, dans sa dégradation de l'Autre, je peux témoigner de la violence aveugle et du totalitarisme d'une société française répressive, demeurée au stade de la consommation cannibale de l'un par l'autre. Le Français justifie son racisme, par la haine de ce qui lui est étrange, c'est-à-dire par la xénophobie.

En me rejetant, Hervé n'a pas agi autrement que les hommes, qui ont abusé de mon innocence et de mon désarroi aux Tuileries. Ils n'ont fait que me martyriser, pour me démontrer leur sadisme et leur pouvoir arbitraire sur mon corps et mon esprit. Le harcèlement moral des uns, à l'égard de ce qui leur était étranger et qu'ils ne comprenaient pas, correspondait aux brutalités des autres, face à celui qui leur était étranger et qu'ils ne connaissaient pas.

D'où je tire la conclusion qu'Hervé Joubert-Laurencin était aussi raciste et peut-être bien d'avantage, ou ce qui est sûr, avec plus de perversité, que les skinheads du Jardin des Tuileries, que je ne reconnaissais pas dans l'ombre nocturne de mes Nuits pourpres, et qui me contaminèrent de toutes les immondes maladies vénériennes, dont ils pouvaient être les dépositaires, sous prétexte qu'ils devaient accomplir leur œuvre d'extermination.

Hervé Joubert-Laurencin ne comprit jamais le sens des dessins, que je lui donnais, et qui représentaient mes nuits de dégradation au Jardin des Tuileries. Ce pseudo psychanalyste inculte croyait que j'étais schizophrène, ou que je n'assumais pas mon homosexualité. A vrai dire, j'avais dépassé ce stade, depuis bien longtemps, contrairement aux homosexuels français, qui demeurent profondément homophobes, malgré leur prétention à mieux s'assumer que les autres.

En fait, loin de s'assumer d'une quelque manière que ce soit, les homosexuels français demeurent perturbés par la présence de leur anima, c'est-à-dire de leurs tendances féminines, de sorte qu'ils sont, non seulement, profondément misogynes, mais qu'ils haïssent tout homosexuel, qu'ils trouvent trop efféminés, parce qu'il vient leur rappeler qu'ils ne sont pas, tout à fait, les Mâles dominants, qu'ils voudraient être, mais des êtres imparfaits, castrés par l'autoritarisme d'une mère trop puissante, s'étant arrogé un rôle traditionnellement masculin.

Pour ma part, je représente, au contraire, une sorte d'équilibre parfait, par mon androgynéité intrinsèque, qui vient mettre à mal les certitudes masculines et féminines, au point, que tous me méprisent, parce que tous voudraient me ressembler. Mais, la condition de l'androgyne est malheureuse, car sa perfection même, dans la réunion des caractères masculins et féminins, le condamne à la solitude, car il lui est impossible de se reproduire, si ce n'est pas la création d'autres androgynes.

Malgré mes tentatives lucifériennes, pour le séduire, Hervé refusa toujours de reconnaître ses penchants pervers, tout en me donnant des signes explicites de ses penchants sadiques, et de son délire paranoïaque, à mon encontre. Il demeura inébranlable, au sens propre comme au sens figuré, bien que certains plis de son entrejambe n'aient pas manqué de m'intriguer. Je passais des heures, à contempler cette partie de son anatomie, guettant le moindre afflux de sang, ce qui se marquait par de légères inclinaisons, jusqu'à ce que se profila ce qui semblait bien une verge en état d'érection.