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Être bisexuel

J'ai longtemps souffert de mon homosexualité ou plutôt de ma bisexualité, car au fond j'ai toujours aimé les hommes et les femmes, chacun à leur manière d'ailleurs. Je dis j'ai souffert, je devrais dire "on m'a fait souffrir" car des personnes n'acceptant pas ce qu'elles sont, c'est à dire des homosexuel(le)s refoulé-e-s n'acceptaient pas que je sois moi-même et pourtant, pensons à Bowie, Madonna, Brian Molko.

Être bisexualité n'est pas un crime, c'est même selon Freud être tout à fait normal.

Mais ce que je tiens à dire, c'est que non seulement j'ai des tendances à la bisexualité, à l androgynie mais aussi au sado-masochisme, comme tout être humain, selon les moments. Ce qui déroute, c'est que j'en parle mais n'est ce pas le devoir de tout artiste de se présenter comme disait Rousseau "tel qu'il est".

Je suis un être dans toute sa complexité, pas si différent de toi, lecteur, si seulement tu osais .... te regarder en face et cesser de juger ce que tu ne comprends pas. Or, plus tu seras sot, plus il faudra de gens comme moi pour te le rappeller. Choquer, c'est cela : provoquer chez l'autre des tendances inconscientes, pulsionnelles afin que ces pulsions d'ordinaire refoulées éclatent au grand jour. Au fond, tout provocateur est un "accoucheur des esprits". Alors oui, je sais ce que tu vas dire lecteur, que tu voudrais garder cela inconscient. Eh bien, moi, je te dis que je t'offre une psychanalyse gratuite.

 

Au fond, le monde arabo-musulman dans lequel je suis né et le milieu du Marais que j'ai analysé sont deux zones où règne la folie, c'est à dire que les gens y sont guidés par leurs instincts plutôt que par leur raison. Un homosexuel du Marais n'accepte pas ce qui est différent de lui-même car au fond, il est paradoxalement homophobe ce que Proust avait démontré. En chaque homosexuel réside un homophobe, internalisation d'une Loi du Père perverse qui condamne tout caractère trop efféminé. Un homosexuel qui recherche un partenaire viril ne fait que réitérer un schéma de conformité qui ne le mènera jamais à la découverte de l'autre dans toute sa complexité. Quant à moi, je préfère m'amuser et me jouer de toutes ces caractérisations du genre qui sont pour le moins artificielles. Je peux être mâle ou femelle, actif ou passif, tout dépend de mon humeur. Cela fait de moi non pas un homosexuel, mais un Androgyne. Je puis être comme disait César la femme de tous les hommes et l'homme de toutes les femmes. C'est si drôle de changer ainsi de rôle, de n'être jamais là où l'on m'attend.

Seuls les masques disent la vérité et encore ...

CQFD